Centrafrique : le parlement de transition refuse de valider la feuille de route du gouvernement

Le Conseil national de transition (CNT), qui joue le rôle d’une Assemblée nationale provisoire en République centrafricaine (RCA), a annoncé vendredi à Bangui son refus de valider la feuille de route de sortie de crise du gouvernement d’union nationale de Nicolas Tiangaye, la déclarant irrecevable au motif de violation de procédure et de contenu non convaincant.

En tant qu’une exigence de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC) et de la charte constitutionnelle de transition adoptée le 18 juillet, la feuille de route ou programme de politique générale du gouvernement est cruciale pour une sortie de crise en RCA. Elle est soumise à une démarche de validation en trois étapes après son élaboration par le gouvernement d’union nationale et de transition.

Passé l’étape de l’adoption en Conseil des ministres, ce document de stratégie nationale est appelé ensuite à requérir l’avis du comité de suivi de l’accord de paix de Libreville du 11 janvier mis en place par les dirigeants de la CEEAC puis du Groupe international de contact constitué des partenaires au développement, avant d’être porté à l’examen de l’organe législatif.

Dans une déclaration à la presse vendredi soir à Bangui, le président du CNT, Alexandre Nguendet, a dénoncé une violation de cette procédure où le constat a montré que, a-t-il souligné, ledit document adopté en Conseil des ministres le 5 septembre et transmis au CNT huit jours plus tard n’a pas respecté l’étape de sa transmission pour avis au comité de suivi de l’accord de Libreville et au Groupe international de contact.

Proche du président de la transition Michel Djotodia, l’ex-chef de l’ex-alliance rebelle de la Séléka au pouvoir depuis le 24 mars, M. Nguendet, qui avait été désigné en juillet par ses pairs du CNT, a fait part du refus de cette institution centrafricaine de cautionner une violation de la charte constitutionnelle, rappelant que “l’une des raisons du changement du 24 mars réside dans des violations répétées de la Constitution du 27 décembre 2004” par le régime de François Bozizé.

En plus d’un chronogramme des élections prévues au terme d’une transition de dix-huit mois, il y est attendu un plan détaillé et chiffré de relance économique et un autre relatif à la sécurité. Mais, d’après le président du CNT encore, la feuille de route servie par le gouvernement de Nicolas Tiangaye, qui s’est déplacé pour participer à la prochaine Assemblée générale de l’ONU à New York aux Etats-Unis, ne fournit pas de précision sur les besoins réels de la transition.

Se contentant d’un simple état des lieux de la situation sécuritaire faite de pillages, de viols et d’assassinats, ce document ne fait pas mention du programme de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR) des ex-Séléka, y compris des autres mouvements rebelles et armés qui représente un défi majeur pour le retour à la paix dans le pays, a informé en outre Alexandre Nguendet.

Le gouvernement a été invité à reformuler la stratégie dont l’examen prévu les 20 et 21 septembre par le CNT a été annulé et à la faire apprécier par le comité de suivi de l’accord de Libreville et le Groupe international de contact.

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